Vestiges / Toucher disparaître croire : exposition au SHADOK, Strasbourg

L’exposition est composée d’une seule salle, plongée dans le noir. Le visiteur se retrouve immergé dans un univers étrange, où les œuvres ne semblent pas tout à fait « humaines », et pour cause : la plupart d’entre elles sont générées via ordinateur, ou via des automates créés par les artistes.

En entrant, un triptyque nous accueille. Une série de puzzles aux pièces mélangées constitue Petits Rats (2011) : l’œuvre présente trois fois une même jeune femme, dont l’apparence est altérée au fil des images. D’un corps entier, ne demeurent que les muscles, puis le squelette. Certaines pièces du premier puzzle se retrouvent dans le deuxième, le deuxième dans le troisième, le troisième dans le premier… Les corps s’entremêlent et se connectent, dans une danse triple et effrénée.

Je continue mon parcours dans l’espace sombre. Une œuvre m’arrête. Elle se présente sous la forme d’un panneau d’environ un mètre cinquante, sur lequel est inscrit un texte en blanc sur noir. Il s’agit d’une création générée par le hasard : l’artiste choisit en effet trois ouvrages, et demande à l’ordinateur de ne retranscrire que les phrases commençant par « je suis ». ,donc je suis, de Fabien Zocco, présente un texte versifié, presque exutoire. Les lire me fait l’effet de rencontrer un être tourmenté, qui, par la répétition maladive, cherche désespérément à établir son identité.

« Il me semble indispensable de dire ici qui je suis ».

« Je suis un disciple du philosophe Dionysos »,

« Je suis le vent du Nord pour les figues mûres »,

« Je suis une chose,

Je suis encore plus content de ceux qui ne me lisent pas,

Je suis capable de tout »,

« Tel que je suis »,

« tel que je suis ».

Cette œuvre reflète les thématiques de l’exposition, qui questionne avec douceur et subtilité le rapport de l’Homme et de la machine à l’art. La moitié des œuvres présentées sont générées par un appareil électronique, presque sans intervention de l’être humain. Quelle est la place du vivant dans l’art contemporain, à une heure où la robotique est capable d’imiter la créativité humaine ? 

L’exposition Vestiges / Toucher disparaître croire fait partie du quatrième temps, « Corps connectés », du thème annuel du Shadok Hier c’était demain : science-fiction et imaginaire collectif.

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1 « Vestiges Toucher/Croire/Disparaître », Igor Deschamps, in I_D Media Arts, septembre 2019. URL : https://media-art-curator.com/2017/03/17/vestiges-touchercroiredisparaitre/ (consulté le 27/10/19)

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